Le BTP innove (aussi)

Le BTP innove (aussi)
  • BTP -
  • Innovation

Publié le 11 mai 2017

Avec la reprise de l’immobilier, un nombre de chantiers en progression (+14% en France en un an[1]), et l’export du savoir-faire des grands groupes français du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage, etc.), le secteur du bâtiment a le « vent en poupe » et il entraîne avec lui toute une économie (fournisseur de matériaux de construction, équipementiers, sociétés d’ingénierie…).

Et l’on peut dire que les acteurs du BTP ont fait le pari de l’innovation, certes d’abord portés par la tendance de l’écohabitation et du développement durable, puis par celle de la transition numérique et du bâtiment connecté. Les récents projets dans le domaine permettent dorénavant d’entrevoir ce que pourrait être la ville (et le chantier) de demain[2] (territoire à énergie positive, politique zéro déchet, apport de la cohésion sociale…).

Les défis de la recyclabilité des matériaux et des écomatériaux

Selon une directive européenne, d’ici à 2020, les déchets de construction devront être recyclés à hauteur de 70 %. C’est dans cette optique qu’Eiffage Route a développé Recyclean, un procédé d’encapsulage sous protection humide qui permet de recycler les chaussées anciennes contenant des Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) en quantité, grâce à des machines spécifiques. Dans un autre domaine, la société Serge Ferrari (spécialisée dans les textiles techniques pour la construction) a su intégrer la recyclabilité de ses composites polyester/PVC en développant, en collaboration avec le chimiste Solvay, une unité de recyclage dédiée, Texyloop[3]. Près de 10 millions de m² de toiles en fin de vie ont déjà ainsi pu être recyclées !

Autre élément majeur dans la construction : le béton. Le projet national Recybéton est un projet d’envergure pour le RECYclage complet des BETONs qui regroupe 47 partenaires industriels, institutionnels et académiques. La recherche sur le recyclage du béton vise à améliorer les propriétés moindres d’un béton réutilisé (retrait, fissuration, absorption d’eau plus importante des granulats de béton concassés, alcali-réaction). Elle travaille également à améliorer la qualité des constituants issus des matériaux de déconstruction et du produit fini les incorporant. Si la faisabilité du béton recyclé est prouvée, reste désormais à améliorer son coût.

Aussi, le devenir du béton passera-t-il par les matériaux biosourcés ? Par exemple, les bétons de chanvre sont prisés pour leur pouvoir isolant et leur origine biosourcée. Mais ils sont aussi connus pour avoir des caractéristiques mécaniques plus faibles que les bétons classiques, des temps de séchage trop longs et -encore- un coût élevé. C’est pourquoi la recherche dans ce secteur a fortement progressé ces dernières années de sorte que l’on peut envisager des applications à l’échelle de la maison individuelle[4].

La maison à énergie positive : un concept ?

Les récentes innovations en matière d’efficacité énergétique se retrouvent dans le projet COMEPOS (COnception et construction optimisées de Maisons à Energie POSitive)[5]. Coordonné par le CEA Liten et associant 22 partenaires, ce projet vise à développer le concept de maison individuelle à énergie positive. 25 habitats « démonstrateurs » sont prévus en France suivant des conditions climatiques et des usages très différents en vue d’analyser les choix des composants technologiques dans chaque région et de déterminer les solutions réellement efficaces en fonction des types de climat, des modes de construction mais aussi des modes de vie. Deux démonstrateurs ont déjà été construits (en Bretagne et en Alsace) avec pour objectif d’intégrer leurs résultats par l’ensemble des constructeurs en France.

Le BIM ou la transition numérique du bâtiment

Le BIM (pour Building Information Model), ou maquette numérique, est un fichier numérique qui concentre l’ensemble de l’information technique d’un ouvrage. Il s’impose désormais comme une évidence pour le BTP. Si le BIM permet d’intégrer toutes les données nécessaires au constructeur (géométriques, structurelles, thermiques, mécaniques et électriques), le défi qu’il doit relever consiste à prendre en compte l’environnement de l’ouvrage (climatique, dynamique des sols, pollutions, inondations…) pour prédire sur le long terme son évolution possible.

Si le secteur du BTP a su prendre le virage de l’innovation, il lui reste encore de beaux défis à relever par l’anticipation des usages de demain et la poursuite de l’intégration de la notion environnementale dans la construction, et ce dès l’établissement du BIM.


[1] http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publications/p/2668/1927/conjoncture-limmobilier-resultats-quatrieme-trimestre-2016.html

[2] http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2015/04/aap_ville_de_demain_tranche_2_0.pdf

[3] http://www.texyloop.com/

[4] http://www.batiactu.com/edito/beton-chanvre-demontre-sa-polyvalence-48065.php

[5] http://www.comepos.fr/index.php


Par Romain BRES, Consultant – Financement de l’Innovation – ACIES

Retour en haut

Contact

Vous souhaitez des informations complémentaires, être contacté par un de nos experts ou convenir d’un rendez-vous.

Contactez-nous