La thérapie photodynamique : une alternative thérapeutique pour les tumeurs ?

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Publié le 28 juin 2018

La médecine de précision constitue un domaine de recherche très actif en oncologie. Elle repose principalement sur deux axes thérapeutiques : les thérapies ciblées (antiangiogéniques) et l’immunothérapie (immune checkpoints, cellules car-T, vaccins oncolytiques, etc.). Parmi l’arsenal thérapeutique, une technique moins connue et pourtant utilisée quotidiennement par les dermatologues fait l’objet de développements récents permettant d’envisager l’élargissement des indications à d’autres cancers (cancer de la prostate et glioblastome notamment) : il s’agit de la thérapie photodynamique (PDT).

 

Thérapie photodynamique : le principe

La PDT consiste à administrer un photosensibilisateur au niveau des cellules tumorales à traiter, ce dernier étant ensuite activé par une source lumineuse (LED, laser, fibre optique, textile lumineux,etc.) permettant la destruction des cellules par réaction photochimique : après excitation du photosensibilisateur par la lumière, un transfert d’énergie à l’oxygène présent naturellement dans l’organisme permet d’engendrer la formation d’espèces réactives de l’oxygène, conduisant à la mort cellulaire par stress oxydant.

Cette technique existe depuis les années 80 et constitue un traitement de référence en dermatologie pour les lésions cutanées (traitement des kératoses actiniques). Pourtant, elle est aujourd’hui en pleine évolution car elle suscite un intérêt fort comme thérapie alternative ou complémentaire dans des cas de cancer trop ou pas assez avancé pour l’utilisation des thérapies conventionnelles. Elle présente en effet de nombreux avantages :

  • traitement de surface,
  • ciblage spécifique des cellules tumorales,
  • possibilité d’être associée à d’autres traitements,
  • faible coût potentiel.

 

Exemples d’applications thérapeutiques à l’étude

La prostate [3]

La PDT est actuellement à l’étude pour des cancers dont l’évolution est lente et la survie bonne, comme le cancer de la prostate qui constitue le 1er cancer chez l’homme de plus de 50 ans dans les pays industrialisés.

Entre mars 2011 et avril 2013, un essai clinique phase III a été réalisé par la société Stebabiotech sur 413 patients atteints d’un cancer de la prostate à faible risque en Europe, la moitié étant traitée par PDT vasculaire ciblée, l’autre moitié uniquement placée sous surveillance active. Publiés en février 2017 [1], les résultats montrent que près de 50% des patients traités sont en rémission complète à 2 ans, contre 13,5 % seulement dans le groupe non traité. Et lors du suivi, seulement 6 % des patients traités ont eu besoin d’une prostatectomie, contre 30 % dans le groupe non traité.

Ces résultats prometteurs ont permis à la société d’obtenir une AMM en Europe en septembre 2017 pour le développement de son nouveau photosensibilisateur.

 

Le Glioblastome [4] [5]

La PDT permettrait également de traiter des tumeurs très invasives pour lesquelles la médiane de survie est de quelques mois, comme le glioblastome : cette tumeur très agressive du cerveau (médiane de survie inférieure à 15 mois), et à fort taux de récidive, a récemment fait l’objet d’une première mondiale au CHRU de Lille, où des patients atteints de glioblastome participent depuis mai 2017 à un essai clinique incluant la thérapie photodynamique.

Le nouveau dispositif de thérapie photodynamique créé au CHRU de Lille consiste en un ballonnet remplissable s’insérant dans la cavité opératoire pendant l’intervention chirurgicale afin d’obtenir une diffusion optimale du laser. Le système comporte un guide afin, à la fois, de sécuriser le dispositif et de faire passer la lumière laser directement dans le cerveau, grâce à une fibre optique et d’un laser médical dédié. Ce dispositif permet ainsi de traiter les cellules résiduelles échappant à la chirurgie. Évaluée dans l’étude INDYGO [2], l’association d’un nouveau dispositif d’illumination laser peropératoire à une molécule photosensibilisatrice pour le traitement de glioblastomes nouvellement diagnostiqués n’a jamais été proposée auparavant.

Dix patients seront inclus dans cette étude (fin prévue en déc. 2019) pour vérifier dans un premier objectif la faisabilité et l’innocuité de la méthode.

 



Par Agathe CAMILLERI, consultante en financement de l’innovation ACIES | ABGI

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