LES VACCINS SONT-ILS DANGEREUX ?

LES VACCINS SONT-ILS DANGEREUX ?
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Publié le 25 octobre 2017

Par Alice BARON Consultante – Financement de l’Innovation ACIES-ABGI Group

Vaccination obligatoire : le débat est relancé

Devant l’insuffisance de la couverture vaccinale en France et face à la réapparition d’épidémies, le ministère de la santé a annoncé en juillet 2017 que onze vaccins vont devenir obligatoires à partir de 2018.
Huit vaccins supplémentaires (Coqueluche, Haemophilus influenzae b, Hépatite B, Méningocoque C, Pneumocoque, Rougeole, Oreillons, Rubéole) seront administrés aux bébés de moins de deux ans, en plus des trois vaccins délivrés actuellement (Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite). Cette déclaration du ministère a provoqué de nombreuses réactions et relance la polémique sur les vaccins [1].

 

Mais quelle est la composition des vaccins ?

Par définition, un vaccin est une préparation administrée pour provoquer l’immunité contre une maladie en stimulant la production d’anticorps. On trouve dans les vaccins des suspensions de micro-organismes inactivés ou atténués, ou des produits ou dérivés de micro-organismes caractéristiques de ces maladies infectieuses (antigènes vaccinaux). Afin de stimuler le système immunitaire et rendre le vaccin plus efficace, l’antigène vaccinal est généralement combiné à un adjuvant qui est très souvent un sel d’aluminium (hydroxyde ou phosphate) [2].

Pourquoi les vaccins font-ils débat ?

A l’heure actuelle, la France connaît un taux de couverture vaccinale parmi les plus faibles d’Europe. En effet, une vive méfiance des vaccins a émergé ces dernières années. Selon l’INPES, la suspicion de la population face aux vaccins en général est passée de 10% en 2005 à 40% en 2010. Force est de constater que les scandales thérapeutiques de ces dernières années catalysés par certaines interrogations, notamment à propos des adjuvants, ont fragilisé notre couverture vaccinale.

 

Le rôle de l’aluminium remis en question

 

Des questions se posent aujourd’hui pour l’aluminium (hydroxyde d’aluminium), adjuvant présent dans certains vaccins, et son implication dans l’apparition de MMF : la « myofascite à macrophages ». En effet, il a été démontré que l’aluminium pouvait persister de façon prolongée au site d’injection, dans des macrophages rassemblés autour des fibres musculaires en une lésion histologique microscopique (MMF).  Néanmoins, les études des caractéristiques cliniques, biologiques et surtout épidémiologiques entreprises pour identifier une association éventuelle entre la lésion MMF et une maladie systémique sont restées négatives [3].

À ce jour, il est reconnu que  l’aluminium vaccinal puisse parfois persister au site d’injection pendant des années, ceci ne reflète pas l’existence d’une atteinte inflammatoire musculaire diffuse et n’est pas associé à une maladie systémique spécifique. Le faible pourcentage de population souffrant de ces maladies supposées en lien avec la lésion MMF, jointe à l’absence de données concernant la prévalence de lésions MMF locales dans la population générale après une vaccination, rend difficile une évaluation de leurs liens potentiels. L’OMS ne sous-estime pas pour autant cette problématique et encourage la poursuite des études sur la nature de la MMF afin de mieux comprendre cette pathologie [2][3]

LES VACCINS SONT-ILS DANGEREUX ? 1

 

Le vaccin contre l’hépatite ou contre les infections à HPV augmentent-ils le risque de maladies auto-immunes ?

D’autres sujets tels que les liens entre la survenue de la sclérose en plaques (SEP) et la vaccination contre l’hépatite B ou le risque de maladies auto-immunes en rapport avec les vaccins contre les infections à papillomavirus humains (HPV)  sont tout autant controversés.

Dans le cas de l’hépatite B, la cour de Justice de l’Union Européenne s’est prononcée, ce 21 juin 2017, en faveur de la responsabilité du vaccin de l’Hépatite B dans le développement de la SEP d’un malade en l’absence de données scientifiques [4]. Pour autant, la communauté scientifique, à travers ces nombreuses données robustes et constantes au cours du temps, confirme l’absence de lien entre le vaccin de l’hépatite B et l’apparition de cette maladie auto-immune  [2].

Une étude menée par l’ANSM et l’Assurance Maladie a confirmé les données de la littérature française et internationale en démontrant que le vaccin à infections à papillomavirus humains (HPV) n’augmentait pas le risque global de survenue de maladies auto-immunes [5].

 

A notre époque, les vaccins sont-ils vraiment nécessaires ?

 

Selon l’OMS, 2 à 3 millions de vies sont sauvées chaque année grâce à cet acte simple de prévention. L’histoire a permis de démontrer les progrès liés à la vaccination avec l’éradication officielle en 1980 de la variole et bientôt la poliomyélite. Ce geste a également permis la baisse significative de maladies telles que les oreillons ou la rougeole [6].

Se vacciner n’est pas seulement un acte de prévention pour soi-même, mais un acte de protection pour la société et notamment pour les personnes les plus vulnérables ne pouvant elles-mêmes pas bénéficier de vaccinations (personnes immunodéprimées, par exemple).

Pour autant, l’existence de manifestations post-vaccinales indésirables doit être prise au sérieux. A ce titre, l’OMS a mis en place un comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GAVS), indépendant, afin de répondre aux problèmes d’innocuité posés par les vaccins [2].

Malgré les doutes et même s’il est vrai qu’un seul cas de dommage grave dû à un vaccin est toujours un cas de trop, les données scientifiques démontrent que le rapport bénéfice/risque est toujours en faveur de la vaccination.


Références

[1]   Vaccination-info-service.fr

[2]   Site OMS : http://www.who.int/fr

[3]   Bull. Acad. Natle Méd., 2003, 187, no 8, 1511-1521

[4]   http://www.lemonde.fr

[5]   http://ansm.sante.fr

[6]   Site INPES : http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/index.asp

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