Cancers : une affaire de malbouffe ?

La thérapie photodynamique : une alternative thérapeutique pour les tumeurs ?
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Publié le 28 juin 2018

Ces dernières années, les avancées technologiques ont permis aux industriels de proposer une grande diversité de produits alimentaires. De ce fait, les consommateurs, friands de nouvelles saveurs, couleurs, textures ont tous peu à peu modifié leurs habitudes alimentaires. Cependant, dans le même temps, le nombre de cancers n’a cessé d’augmenter jusqu’à devenir la première cause de mortalité en France. Existerait-il un lien entre ces deux phénomènes ?

 

Le cancer : une maladie aux multiples facettes

 

Le cancer est une maladie multifactorielle caractérisée par une croissance cellulaire incontrôlée, résultant de changement des informations génétiques des cellules. Plus précisément, son mécanisme d’action se déroule en 3 phases [1]:

  • L’initiation : certains produits peuvent provoquer des lésions de l’ADN non réparées qui vont se multiplier et inactiver les gènes suppresseurs de tumeurs.
  • La promotion : stimulation de la prolifération cellulaire et inhibition de l’apoptose.
  • La progression : instabilité génétique forte avec l’apparition de nombreuses mutations et une forte prolifération cellulaire.

 

Depuis 30 ans, le nombre de nouveaux cas de cancer en France augmente chaque année jusqu’à toucher environ 1 femme sur 4 et 1 homme sur 3 [2]. Cette augmentation s’explique notamment par l’accroissement et le vieillissement de la population, l’amélioration des méthodes de dépistage et de diagnostic et l’augmentation de l’exposition à des facteurs de risques.

Par ailleurs, de multiples causes pouvant être à l’origine de l’apparition et du développement d’un cancer ont été mises en évidence. Parmi celles-ci, on retrouve [3]:

  • Les prédispositions génétiques qui sont responsables de moins de 10 % des cancers.
  • Le mode de vie (tabagisme, alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique…) est responsable de 40 % des cancers.

 

Aliments ultra-transformés, une réelle menace ?

 

De nombreuses équipes de recherche travaillent donc sur les liens entre la nutrition et le cancer. La recherche fondamentale permet d’étudier l’impact de certains nutriments au niveau cellulaire et moléculaire ou même sur la composition du microbiote intestinal. La recherche clinique permet de suivre des personnes malades et d’étudier l’impact de la consommation de certains nutriments. L’objectif est de mieux comprendre le développement des pathologies et d’innover dans la prévention et la prise en charge de la maladie. Enfin, des études de cohortes permettent de suivre sur le long terme les comportements alimentaires et peuvent donc corréler ces données à un état de santé.

 

Récemment, des chercheurs français ont mis en évidence un lien entre la consommation de produits ultra-transformés (aliment produit par les industriels et contenant des édulcorants, des colorants, des conservateurs, etc.) et l’apparition de tumeurs cancéreuses. Cette étude, comprenant 105 000 participants, montre qu’une augmentation de 10 % de la proportion d’aliments ultra-transformés dans le régime alimentaire est corrélée à une augmentation de 12 % du risque de cancer [4].

 

Réponse de l’industrie agroalimentaire

 

Face à ces données, la prévention est devenue un enjeu aussi important que les progrès des traitements. Dans ce contexte, les industries agroalimentaires ont souhaité participer à ce mouvement en misant sur :

  • Le développement de produits « santé » : les avancées scientifiques et cliniques reliant la nutrition et la prévention des maladies ont notamment poussé les industriels à élaborer de nouveaux produits à forte valeur ajoutée nutritionnelle et organoleptique. Certains projets vont même au-delà d’une nouvelle proposition de produits et visent à développer des aliments pouvant bénéficier d’une allégation de santé grâce à la démonstration clinique des effets souhaités. Enfin, de nombreux projets se basent sur l’utilisation de probiotiques pour leurs applications en nutrition et notamment pour leurs propriétés digestives [5].
  • Le développement de nouveaux procédés : la recherche de nouveaux actifs ou de la préservation de leur qualité se fait notamment via le développement de nouvelles technologies d’extraction et de purification. Les industriels misent en particulier sur la bioproduction pour la production de nouveaux ingrédients et l’optimisation des procédés de 1re transformation des produits [5].
  • Le développement de nouveaux emballages : de nombreuses études font état d’échanges entre la matrice alimentaire et son emballage et des risques associés pour le consommateur. C’est pourquoi le développement de nouveaux matériaux constitue également un enjeu pour les industriels.

 

Bien que l’étude sur l’influence des produits ultra-transformés ait été largement contestée par l’industrie agroalimentaire, cette dernière n’entend pas rester en marge des dernières découvertes en matière de prévention. Toutefois, la lutte contre ce fléau reste l’affaire de tous, et chacun à son niveau doit tenir compte de l’importance de son alimentation.


  1. Institut national du cancer : mécanisme de cancérisation.
  2. Fondation pour la recherche médicale : https://www.frm.org/cancer/cancers-en-chiffres.html
  3. Nutrition & cancers : cancer.lu/sites/cancer/files/files/Nutrition-et-cancers-grand-public_2015.pdf
  4. Thibault Fiolet et al., “Consumption of ultra-processed foods and risk : results from NutriNet-Santé prospective cohort”. BMJ, February 2018.
  5. Ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique : technologies clés 2020.

Par Salomé MATHIEUX, consultante en financement de l’innovation ACIES | ABGI

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